17ᵉ Sommet International Antitaurino à Madrid
26-11-2025Les 15 et 16 novembre, Madrid a accueilli le 17ᵉ Sommet International Antitaurino, une rencontre qui a été un véritable succès. Des représentants des huit pays où les corridas ont lieu, ainsi que d’autres nations, se sont réunis pour renforcer les alliances et coordonner des stratégies communes. Cette année, c’est Madrid qui a été choisie afin de montrer notre soutien aux collègues espagnols et d’appuyer leur lutte à un moment crucial.

17ᵉ Sommet International Antitaurino à Madrid | ©Réseau International Antitaurino
Le 7 octobre, le Congrès des Députés espagnol a décidé de ne pas donner suite à l’Initiative Législative Populaire (ILP) No es Mi Cultura (« Ce n’est pas ma culture »), qui visait à mettre fin à la corrida en tant que patrimoine culturel. Cette décision a été particulièrement décevante, car le parti socialiste PSOE — qui avait initialement promis de voter pour — a finalement choisi de s’abstenir. Un revers important pour nos collègues espagnols, qui avaient consacré deux ans de travail à cette initiative.
Lors du sommet, nous avons partagé nos réussites, nos enseignements et nos stratégies communes. Il y avait beaucoup à célébrer : la Colombie a non seulement interdit les corridas, mais aussi toutes les festivités cruelles avec des taureaux telles que le coleo et les corralejas ; Mexico a mis fin aux corridas traditionnelles avec mise à mort, et l’État mexicain de Michoacán a également adopté l’interdiction de la tauromachie. De plus, dans tous les pays où la tauromachie subsiste encore, on observe une diminution constante du nombre d’événements.
Principales conclusions du 17ᵉ Sommet International
Dans le monde entier, le nombre de corridas diminue. Maite van Gerwen, directrice de CAS International (secrétariat du Réseau International Antitaurino), souligne:
« Il est évident que la majorité des habitants des pays taurins n’acceptent plus la souffrance animale engendrée par la tauromachie. Cela est en partie dû au travail remarquable de sensibilisation réalisé par nos collègues dans tous les pays. L’engagement et le travail acharné de chacun ont été visibles à nouveau lors de ce sommet, à travers les présentations et les débats. C’est merveilleux de collaborer avec autant d’énergie pour mettre fin à la tauromachie. »
Quelques points clés du sommet :
- La Colombie fait à nouveau l’histoire. Elle interdit également toutes les festivités cruelles avec des taureaux. En 2024, la Colombie avait déjà adopté la loi interdisant les corridas (loi qui entrera en vigueur en 2027).
- Capitales sans corrida et interdiction à Mexico. À Bogotá, Caracas et Quito, aucune corrida n’a eu lieu en 2024–2025.
- Le Mexique compte désormais six États qui interdisent la corrida, incluant le Michoacán depuis avril.
- La Cour Constitutionnelle de l’Équateur a confirmé que l’interdiction de la tauromachie dans 126 cantons reste en vigueur. L’Équateur compte au total 221 cantons.
Rejet social croissant. Quelques exemples :
- Au Mexique, 72 % de la population est contre la tauromachie (Enquête Enkoll pour EL PAÍS et W Radio, mars 2025).
- En Espagne, 77 % sont opposés (Fundación BBVA, 2025).
- En Espagne, en France et au Portugal, 77 % considèrent que la tauromachie cause trop de souffrance animale et 58 % souhaitent son interdiction (Ipsos I&O Public, 2023, commandée par CAS International).
Moins de corridas dans les pays taurins. Exemples :
- France : baisse de 38 % depuis 2014.
- Portugal : baisse de 36 % depuis 2014.
- Espagne : baisse de 60 % depuis 2007.
- Équateur : baisse de 70 % depuis 2012.
Meilleure protection des enfants :
- Équateur a interdit l’accès aux moins de 18 ans.
- Le Portugal travaille à une interdiction pour les moins de 16 ans.
Action au Congrès espagnol
Le lundi 17 novembre, un jour après le sommet, nous avons mené une action devant le Congrès des Députés à Madrid, avec les promoteurs de l’initiative citoyenne No es mi cultura, pour soutenir la lutte de nos collègues espagnols. Des organisations de Colombie, du Mexique, du Venezuela, du Pérou, de France, du Portugal, des Pays-Bas, des États-Unis et du Royaume-Uni ont participé. Des représentants des partis espagnols Podemos, Sumar, Verdes Equo et Más Madrid étaient également présents.

©David Canales
Aïda Gascón, coordinatrice pour l’Espagne du Réseau International Antitaurino :
« Nous avons profité de ce sommet pour faire valoir ce soutien international, cette pression que nous voulons exercer sur le PSOE, qui est le seul parti à ne pas se positionner et à rester neutre dans le débat pour abroger la loi protégeant la tauromachie en tant que patrimoine culturel. Et à cause de sa neutralité, ce débat démocratique a été bloqué, empêchant en octobre dernier la prise en considération de l’initiative au Congrès des Députés. »
Estefanía Pampín Zuidmeer, porte-parole du Réseau International Antitaurino, à propos de l’action :
« Nous représentons ici, à Madrid, le Réseau International contre la Tauromachie afin de signaler que, tandis que des pays comme la Colombie et le Mexique avancent vers la fin de la tauromachie, l’Espagne reste à la traîne. Le PSOE bloque un débat initié par la citoyenneté espagnole, ce qui constitue une décision antidémocratique. Nous appelons le PSOE à faire avancer l’Espagne et à cesser de bloquer le débat sur l’interdiction de la tauromachie. »
La Commission promotrice de l’ILP continuera de travailler, cette fois avec les partis politiques qui soumettront à nouveau la proposition de loi visant à abroger la protection de la tauromachie en tant que patrimoine culturel. Le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, a également exprimé son soutien à cette proposition. Si le PSOE n’autorise pas le débat par une voie, il sera obtenu par une autre.
La conférence annuelle a été organisée par CAS International, avec l’aide des coordinateurs du Réseau International Antitaurino à Madrid.